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Les artistes belges et le communisme

Magritte, Masereel et les autres

Ce petit ouvrage est consacré aux artistes communistes belges. On se demande s'ils existent, si l'on peut les répertorier, et si leurs oeuvres présentent un dénominateur commun.

ARON Paul, MORELLI Anne (dir.), Éditions de l'Université de Bruxelles, Collection Guide littéraires de Bruxelles, 16 avril 2026

 

L'histoire de l'art n’ignore pas les orientations idéologiques des peintres lorsqu’elles sont visibles, évidentes dans la peinture.

Mais qu’en est-il de manifestations plus discrètes ? Est-ce que la recherche d’une luminosité, d’une vibration, d’un rapprochement inattendu de deux coulées d’encre ne peut également manifester l’exercice de la liberté ou les qualités de « bon ouvrier » d’un peintre qui s’efforce de vivre son art comme un refus de l’aliénation capitaliste ?

La question se complexifie dès lors qu’on envisage des cas particuliers. Si Masereel est sans doute le peintre belge le plus souvent rapproché du monde communiste, s’il a été invité en URSS, il n’a toutefois jamais été membre du parti. À l’inverse, Magritte a adhéré à trois reprises à un parti dont il s’est toujours méfié lorsque celui-ci se mêlait de questions d’art. Invité à participer à une exposition d’artistes régionaux, il explique que « les groupements d’artistes, parce qu’ils sont wallons ou parce qu’ils seraient, par exemple, végétariens, ne m’intéressent en aucune façon, quoique les artistes végétariens auraient une petite supériorité sur les artistes wallons : un comique appréciable ». Il récuse ainsi les liens et les classements qu’on lui impose, comme d’ailleurs il a toujours résisté à être qualifié de « peintre surréaliste ». Est-ce l’artiste lui-même qui peut choisir les catégories qu’on lui applique ? Ou est-il assigné à une tendance, à une école, à une origine ?

Les dix contributions qui composent cet ouvrage collectif tentent d’étudier le groupe hétérogène des artistes communistes en relevant les fils ténus qui, malgré les apparences, les relient.

Paul Aron est docteur en philosophie et lettres de l'Université libre de Bruxelles. Il est directeur de recherche honoraire au Fonds national de la recherche scientifique (FNRS) et professeur de littérature à l’Université libre de Bruxelles. Il s’intéresse à l’histoire de la vie littéraire, principalement des XIXe et XXe siècles, aux relations entre les arts et entre les médias de presse, la vie politique et l’histoire culturelle et journalistique.

Anne Morelli est historienne, professeure de l'ULB. Elle a notamment coordonné, avec Éliane Gubin, pour Sextant, un numéro intitulé « Pour une histoire européenne des femmes migrantes » (n° 21/22) et un numéro intitulé « Exhumer l’histoire des femmes exilées politiques » (n° 26). Elle a participé à la réalisation de diverses expositions (dont « Femmes, libertés, laïcité ») et d’un manuel d’histoire « mixte » (Femmes et hommes dans l’histoire. Un passé commun, publié en 2013). 

Cet ouvrage est disponible sur le site des Éditions de l'Université de Bruxelles.
Mis à jour le 30 avril 2026