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Les midis de la recherche Tradital : La traductologie : des mythes à la réalité
Les théories contemporaines de la traduction prennent à juste titre appui sur les auteurs du passé – proche ou lointain – pour étayer leurs propres fondements ou pour combattre des visions considérées comme datées, obsolètes ou tout simplement erronées. Mais tous les traductologues ont-ils vraiment lu les auteurs du passé ? Ont-ils vraiment consulté les œuvres originales dans la langue de leur rédaction ?
Il est devenu en effet de bon aloi, sinon indispensable, de citer en bibliographie les grands noms qui ont contribué au développement de la discipline. Il est d’usage de fréquenter les bons auteurs, ce cousinage intellectuel apportant une caution intellectuelle au signataire de la publication. Mais tous les traductologues ont-ils vraiment lu les auteurs du passé ? Ont-ils vraiment consulté les œuvres originales dans la langue de leur rédaction ? L’utilisation de sources secondaires (ce qu’un auteur dit d’un autre) ou tertiaires (compilation, indexation et commentaires de sources secondaires) l’emporte souvent sur l’examen des documents originaux, a fortiori lorsque les sources primaires appartiennent à un passé lointain. Les causes en sont multiples : méconnaissance de certaines langues étrangères ou anciennes (on ne lit que dans ses langues de travail), recours à une analyse déjà produite par un tiers, rôle du dialogisme bakhtinien, et la liste est loin d’être exhaustive.
Les sources bio-bibliographiques auxquelles s’adossent les théories contemporaines se réduisent de la sorte significativement et se répètent inlassablement d’articles en ouvrages, avec leur lot de simplifications, d’omissions ou d’erreurs. Les théorisations du passé sont caricaturées, anémiées, dévoyées et leurs auteurs résumés à quelques considérations péremptoires dénuées de tout esprit critique et de toute assise scientifique, ce qui aboutit à créer de véritables mythes traductologiques.
En s’appuyant sur plusieurs exemples, l’exposé s’attachera à démonter ces mythes et à restaurer une réalité méconnue ou oubliée.
Christian Balliu
Christian Balliu est professeur honoraire de la Faculté de Lettres, Traduction et Communication de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) ; il y a enseigné l’histoire et les théories de la traduction, la traduction scientifique espagnol-français et l’interprétation simultanée espagnol-français. Il est professeur invité de plusieurs universités étrangères. Il a été directeur de l’ISTI de 2006 à 2011. Il a présidé de 2002 à 2015 le Conseil supérieur de la traduction et de l’interprétation. Ancien membre du Comité pour l’histoire de la traduction de la FIT (Fédération internationale des traducteurs), il fait actuellement partie du comité scientifique de plusieurs grandes revues internationales consacrées à la traductologie. Il est l’auteur d’environ 120 publications sur l’histoire et les théories de la traduction et sur la pédagogie de la traduction spécialisée. Il a aussi dirigé plusieurs numéros thématiques de grandes revues internationales consacrées à la traductologie
de 12h à 14h
Salle à confirmer