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„Sprache in reines Menschenfleisch verwandeln“ Zur Materialität der Zeichen im Werk Werner Schwabs
Avec ses « drames fécaux », Werner Schwabs s'est imposé au début des années 1990 comme l'enfant terrible de la scène théâtrale germanophone.
Alexandra Strohmaier donnera une conférence sur le dramaturge autrichien Werner Schwab (1958-1994). Elle considère Schwab comme une icône d'un « tournant matériel » dans l'art contemporain : dans ses pièces, le matériel envahit la scène sous la forme d'un corps orgiaque et bestial, d'une chair cannibale, digestive, excrétrice et copulatrice.
La radicalité de Schwab ne réside toutefois pas seulement dans le contenu, mais aussi et surtout dans la forme de ses pièces. Avec son langage artistique, entré dans l’histoire du théâtre sous le nom de « schwabisch », il s’attaque au corps du signe lui-même. Conformément à son ambition de « transformer le langage en chair humaine pure », il manipule les lettres et les sons du langage pour en révéler la corporéité.
La conférence met en lumière l’importance de la sculpture et de l’art de la performance dans la manière dont Schwab traite les signes, et souligne l'intérêt qu'il porte aux traditions historico-culturelles jusqu'ici négligées dans son œuvre. Il sera démontré que le dogme de la transsubstantiation, central dans le culte catholique (la transformation des éléments eucharistiques, le pain et le vin, en chair et sang du Christ), ainsi que la notion de transmutation, centrale dans la pratique alchimique, sont des figures de référence culturelles pour les opérations de Schwab sur les signes.
Son œuvre s'inscrit ainsi dans le contexte des (néo-)avant-gardes autrichiennes, dont les actions matérielles, comme on le verra, revêtent une signature propre à une confession. Si Dieu s'est peut-être « tiré une balle » dans la modernité, comme le fait dire Schwab au personnage de Méphisto dans sa pièce Faust, l'esthétique du culte religieux s'est toutefois durablement inscrite dans les arts.
Alexandra Strohmaier a étudié la philologie germanique, anglaise et américaine à Graz, à Oxford (Angleterre) et aux États-Unis (dans le cadre d'une bourse Fulbright). En 2004, elle a obtenu son doctorat avec une thèse intitulée Logos, Leib und Tod. Studien zur Prosa Friederike Mayröckers (récompensée notamment par le prix scientifique de la Société autrichienne de germanistique, publiée en 2008 aux éditions Wilhelm Fink).
Depuis 2003, elle mène des activités de recherche et d'enseignement dans les universités de Graz et de Klagenfurt. De 2008 à 2010, elle a été directrice adjointe du Centre des sciences culturelles de l’université de Graz. En été 2011, elle a été chercheuse invitée à l’International Graduate Centre for the Study of Culture de l’université de Giessen. En 2018, elle a obtenu son habilitation avec la monographie Poetischer Pragmatismus: Goethe und William James (publié en 2019 chez de Gruyter). Habilitation en « Littérature allemande contemporaine et littérature générale et comparée ». De 2019 à 2023, elle a été collaboratrice scientifique dans le cadre du projet de recherche trinational (D-A-CH) « Deutschsprachig-jüdische Literatur von der Aufklärung bis zur Gegenwart: Neue Forschungszugänge in Paradigmen » à l’université de Klagenfurt. Elle a publié de nombreux articles sur la littérature germanophone du XVIIIe siècle à nos jours.
Dernière publication : Alexandra Strohmaier et Inge Arteel (dir.), Mayröcker-Handbuch. Leben – Werk – Wirkung (J. B. Metzler, 2024).
16h00
salle AZ4.103
La conférence sera donnée en allemand.